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Sermon par le Révérend Eric Ma Fat

SOYEZ (Continuellement) REMPLIS DU SAINT ESPRIT (Eph 5:18) – INFILLING

Lecture : Actes 10:44-48

‘Indwelling’ et ‘Infilling’ sont deux expériences distinctes dans la vie d’un Chrétien. Comme nous l’avons vu précédemment dans le cas de l’église de Corinthe, nous pouvons être fortifiés par le Saint Esprit avec tous les dons et pourtant ne pas être spirituel et ne pas refléter le caractère de Christ et la maturité dans notre vie. De l’autre cote, nous pouvons avoir la maturité de caractère et ne pas opérer dans les dons du Saint Esprit, comme l’apôtre Paul le fait ressortir à l’église de Thessalonique où il leur avertit : N’éteignez pas l’Esprit. Ne méprisez pas les prophéties. Mais examinez toutes choses ; retenez ce qui est bien. (1 Thes 5:19-21)

Nous devons donc opérer en partenariat avec le Saint Esprit dans tous les deux domaines. Il ne suffit pas uniquement que le Saint Esprit habite en nous ; il nous faut également être continuellement remplis du Saint Esprit afin d’être efficace dans le ministère. Jésus lui-même le reconnaissait bien quand il demanda à ses disciples de ne pas se précipiter dans le ministère, mais de rester à Jérusalem et d’attendre ce que le Père avait promis. Mais vous recevrez une puissance, le Saint Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre. (Actes 1:8) Le travail de Dieu ne peut être accompli qu’avec la puissance de Dieu.

Le ‘infilling’ n’a pas été une expérience unique vécue par les 120 disciples à la chambre haute le jour de la Pentecôte 2000 ans de cela. Après la Pentecôte, dans les Actes de apôtres nous voyons la même expérience du Saint Esprit dans la Samarie, à la maison de Corneille, à Ephèse et parmi les disciples. L’expérience de la Pentecôte ne s’est pas non plus arrêtée avec les premiers Chrétiens ; elle a continué tout au long de l’histoire jusqu’à ce jour, quoique à certaines périodes de l’histoire, elle n’a concerné qu’un petit groupe de personnes. En 1905, dans une petite ville à Azusa, Los Angeles sous le leadership de William Seymour, le Saint Esprit se manifesta d’une manière extraordinaire et donna naissance au mouvement Pentecôtiste. Aujourd’hui des millions de Chrétiens à travers le monde ont fait cette même expérience du renouveau.

Ce matin, nous allons considérer deux expériences du Saint Esprit décrites dans la bible : à la Pentecôte et à la maison de Corneille et nous allons examiner ce qui s’est passé à chacune de ces expériences.

1. Terminologie biblique

La bible utilise plusieurs expressions pour décrire la même expérience d’être rempli du Saint Esprit. Ils furent tous remplis du Saint Esprit (Actes 2:4) ; ils reçurent le Saint Esprit (Actes 8:17, 10:47,19:2) Être rempli du Saint Esprit et recevoir le Saint Esprit décrivent la même expérience que d’être baptisé du Saint Esprit, terme utilisé par Jésus avant son ascension : car Jean a baptisé d’eau, mais vous dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint Esprit. (Actes 1:5) Actes 10:38 nous parle de l’onction du Saint Esprit : comment Dieu a oint du Saint Esprit et de force Jésus de Nazareth, qui allait de lieu en lieu faisant du bien et guérissant tous ceux qui étaient sous l’empire du diable, car Dieu était avec lui. La bible nous décrit aussi

Le Saint Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la Parole (Actes 10:44) ; le don du Saint Esprit était aussi répandu sur les païens (Actes 10:45) ; le Saint Esprit vint sur eux (Actes 19:6). Tous ces termes décrivent la même expérience d’être rempli du Saint Esprit.

2. La manifestation extérieure

L’apôtre Pierre expliqua l’expérience vécue le jour de la Pentecôte en ces termes : élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père le Saint Esprit qui avait été promis et il l’a répandu comme vous le voyez et l’entendez. (Actes 2:33) La foule qui s’est accouru a entendu les 120 disciples parler dans leurs langues maternelles respectives ; ils ont vu la joie rayonnant sur leurs visages. En d’autres mots, le Saint Esprit est invisible, mais quand il a rempli les disciples, ces derniers pouvaient le ressentir à travers leurs sens physiques. Jésus nous l’explique plus clairement en comparant le Saint Esprit au vent. Le vent est invisible, mais quand il souffle nous pouvons voir (les branches courbées, les feuilles qui s’envolent) et entendre (le bruit du vent en période cyclonique par exemple) les effets qu’il produit. Ainsi en est-il du Saint Esprit quand il se manifeste.

 a. L’expérience de la Pentecôte (Actes 2:1-4)

Les 120 disciples étaient tous ensemble dans le même lieu priant pour l’accomplissement de la promesse du Père et de Jésus dans Actes 1:5. Il y avait une parfaite unité parmi eux et ils s’accordaient dans leur prière. Tout à coup il vint du ciel un bruit. (v2) C’était un bruit surnaturel venant de Dieu. Ce bruit était comme celui d’un vent impétueux (un symbole du Saint Esprit) qui remplit toute la maison. Des langues de feu (un autre symbole du Saint Esprit) leur apparurent et se posèrent sur chacun d’eux indistinctement et pas uniquement sur les apôtres présents. Ils furent tous remplis du Saint Esprit et … Le mot ‘et’ nous démontra ce qui arriva après qu’ils furent remplis du Saint Esprit (et non avant) : ils se mirent à parler en d’autres langues. Ce sont les 120 disciples (et non pas le Saint Esprit) qui parlèrent avec leur propre voix. Mais c’est selon ce que le Saint Esprit leur donnait de s’exprimer. – en d’autres mots, les paroles viennent du Saint Esprit. C’étaient des Galiléens, des juifs ordinaires, qui ne connaissaient pas d’autres langues que l’Araméen, et peut être le Grec pour certains. Et pourtant la foule qui s’est accouru les entendait parler dans leur propre langue maternelle : Parthes, Mèdes, Elamites, la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont, l’Asie, la Phrygie, la Pamphylie, l’Egypte, le territoire de la Lybie voisine de Cyrène, Rome, juifs, Crétois, Arabes. (Actes 2:9-11) La foule était toute dans l’étonnement. C’était des langues qu’ils ne connaissaient pas, n’ont probablement jamais entendu et pourtant ils en parlaient intelligiblement – impossible dans le naturel mais que Dieu leur permit de le faire dans le surnaturel. C’est cela être fortifié par le Saint Esprit.

Ici, nous voyons un des signes extérieurs du baptême du Saint Esprit : ils parlèrent en d’autres langues, inconnues d’eux mais activées par le Saint Esprit.

 b. La maison de Corneille

Corneille était un non-juif, un homme pieux qui avait la crainte de Dieu. Un jour il eut une vision où Dieu lui demanda d’appeler Pierre pour lui partager la Bonne Nouvelle. Corneille avait rassemblé ses parents et ses amis intimes pour écouter ce que Pierre avait à dire. Pendant que Pierre parlait de la mort et de la résurrection de Jésus, le Saint Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la Parole. (Actes 10:44) Nous constatons ici qu’ils avaient d’abord écouté la Parole avant que le Saint Esprit ne se manifeste. Un certain nombre de juifs avaient accompagné Pierre et ils avaient probablement fait l’expérience du Saint Esprit le jour de la Pentecôte. À l’époque les Juifs croyaient que Dieu est le Dieu des Juifs, que le salut appartient uniquement aux juifs et que les non juifs étaient sans Christ, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde. (Eph 2:12)

Jésus d’ailleurs était né de la lignée juive de David. C’est pourquoi ils furent étonnés de ce que le don du Saint Esprit était aussi répandu sur les païens. (v45) Le mot ‘aussi’ (even en anglais) traduit l’idée que ce n’était pas normal que les païens puissent avoir part aux dons et à la grâce de Dieu. Ils ne pouvaient pas croire ce qu’ils voyaient et entendaient. Mais, comment ont-ils su que la maison de Corneille avait reçu le don du Saint Esprit ? Il n’y avait qu’une seule et unique preuve : ils les entendaient parler en langues et glorifier Dieu. (v46) Il n’y avait pas d’autre preuve : ni des langues de feu, ni de bruit comme celui d’un vent impétueux. C’est pourquoi lorsque Pierre leur posa cette question : peut-on refuser l’eau du baptême à ceux qui ont reçu le Saint Esprit aussi bien que nous ? (v47), personne n’osait dire le contraire. Aussi bien que nous : Pierre compara l’expérience de la maison de Corneille à celle de la Pentecôte – c’était la même expérience, le même Saint Esprit, le même baptême du Saint Esprit, le même don de la grâce de Dieu. Il n’y avait aucune différence. Les non juifs ont maintenant part aux bénédictions de Dieu en accomplissement de la prophétie à Abraham : je te bénirai … et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. (Gen 12:2-3)

Nous aurions pu parler également de l’expérience des 12 personnes à Ephèse (Actes 19:6) où ils parlèrent en langues et prophétisèrent ; ou de celle de la Samarie où Pierre et Jean imposèrent les mains sur les nouveaux convertis et ils reçurent le Saint Esprit. (Actes 8:14-17) Aux yeux des apôtres à Jérusalem, le salut et le baptême d’eau n’étaient pas suffisants pour les nouveaux Chrétiens en Samarie. Ils avaient aussi besoin d’être remplis du Saint Esprit.

3. Est-ce que le ‘infilling’ est pour une seule fois ou pouvons-nous avoir plusieurs ‘infillings’ ?

 L’apôtre Pierre ne fut pas seulement rempli du Saint Esprit le jour de la Pentecôte. (Actes 2:4) Il l’a été également devant le Sanhedrin – alors Pierre rempli du Saint Esprit leur dit … (Actes 4:8) et avec un groupe de Chrétiens réunis pour prier – quand ils eurent prié, le lieu où ils étaient assemblés trembla ; ils furent tous remplis du Saint Esprit et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance. (Actes 4:31) Paul également fut rempli du Saint Esprit à plusieurs reprises : (Actes 9:17 et 13:9) Nous pouvons donc conclure que nous pouvons être remplis du Saint Esprit à plusieurs reprises. Eph 5:18 nous commande d’ailleurs : ne vous enivrez pas de vin : c’est de la débauche. Soyez au contraire remplis de l’Esprit. Le verbe ‘remplis’ en Grec ‘plerousthe’ est à l’impératif présent et évoque l’idée d’être continuellement remplis du Saint Esprit.